Madani Advisory
Ligne électrique haute tension, contexte marché de l'électricité français.
AnalyseÉnergie
Mohamed A. Madani · 15 juin 2026 · 3 min de lectureMis à jour 25 juillet 2026

Fin de l'ARENH en 2026 : le vrai impact sur le contrat d'électricité

Ce plafond n'existe plus.
En bref
  • L'ARENH a expiré le 31 décembre 2025. C'était une composante d'approvisionnement à 42€/MWh — pas le prix total facturé à l'entreprise.
  • La comparaison utile se fait entre offres contemporaines à même périmètre : volume, courbe de charge, durée, mix fixe/indexé, taxes.
  • Il s'agit d'un changement de cadre structurel : la régulation post-ARENH ne reproduit pas l'accès régulé à 42€/MWh.
  • Ce qui reste déterminant : la durée d'engagement, le mix fixe/indexé et la mise en concurrence réelle plutôt que la reconduction tacite.

L'ARENH s'est arrêté le 31 décembre 2025. Son prix de 42 €/MWh reste dans toutes les conversations — mais l'utiliser comme référence directe face au prix total d'un contrat 2026 conduit à une mauvaise décision.

L'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique permettait aux fournisseurs alternatifs d'acheter une partie de la production nucléaire d'EDF, dans une limite annuelle de 100 TWh. Il s'agissait d'une brique d'approvisionnement, pas d'une facture complète.

Le chiffre qui remet les 42 €/MWh en perspective

Dans l'analyse publiée par la CRE en octobre 2025, le portefeuille de référence 2023 représentait 99 TWh. La composante ARENH avait coûté 1,85 Md€. Ramenée à l'ensemble du portefeuille, elle représentait :

  • 19 €/MWh de valeur moyenne ;
  • 8 % du coût total d'approvisionnement de l'énergie.

Les volumes écrêtés et les achats de marché complétaient le portefeuille. C'est pourquoi la comparaison « 42 € hier contre X € aujourd'hui » ne mesure ni la hausse réelle du contrat ni l'économie accessible. Source : CRE, Fonctionnement des marchés de détail 2023-2024

Ce qui a réellement changé

Le post-ARENH donne un rôle plus important au marché de gros et s'accompagne d'un mécanisme de redistribution des revenus nucléaires lorsque les conditions prévues sont réunies. Il ne reconstitue pas un accès identique à 42 €/MWh. Source : CRE, cadre post-ARENH

Pour un acheteur, le sujet n'est donc pas de « retrouver l'ARENH », mais de comparer correctement :

À normaliserPourquoi
Volume et courbe de chargeDeux entreprises consommant 2 GWh peuvent avoir des profils très différents
Période et duréeLe prix dépend de la date et de la période de livraison
Fixe / indexéLe risque budgétaire n'est pas le même
Flexibilité de volumeLes tolérances et pénalités peuvent annuler un écart de prix
Garanties d'origineUne offre verte et une offre standard ne sont pas identiques
Fourniture / réseau / taxesSeule la partie réellement négociable doit être comparée

Un écart de 8 €/MWh, ça représente quoi ?

Pour un site consommant 2 GWh par an, un écart de 8 €/MWh entre deux offres strictement comparables représente :

2 000 MWh × 8 € = 16 000 € par an.

Ce n'est pas un benchmark de marché : c'est un calcul de sensibilité. Il montre pourquoi quelques euros par MWh méritent une analyse lorsqu'ils s'appliquent à plusieurs gigawattheures.

Sur trois ans, le même écart représenterait 48 000 €, avant prise en compte d'une éventuelle indexation, de la flexibilité et des pénalités. Une offre légèrement moins chère en énergie peut rester plus coûteuse au total si ses clauses sont défavorables.

La check-list avant signature

Avant de renouveler, demandez un tableau unique reprenant pour chaque offre :

  1. prix de fourniture et formule d'indexation ;
  2. volume contractuel et tolérances ;
  3. durée, date de prise d'effet et sortie ;
  4. capacité, garanties et services inclus ;
  5. acheminement et taxes présentés séparément ;
  6. coût annuel simulé sur votre courbe réelle.

L'électricité n'est pas « non négociable » après l'ARENH. Ce qui se négocie a changé : structure, risque, clauses, calendrier et concurrence entre fournisseurs.

Exhibit

Ce qui reste négociable après la fin du plafond

La durée d'engagement
Un contrat 3 ans bien structuré protège mieux qu'un 1 an renouvelé dans l'urgence
Le mix fixe/indexé
Choisi au bon moment du cycle de marché
La mise en concurrence réelle
Plutôt que la reconduction tacite avec le fournisseur historique
Passer à l'action

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Mohamed A. Madani
À propos de l'auteur
Mohamed A. Madani

Mohamed A. Madani est le fondateur de Madani Advisory, cabinet boutique de conseil achats dirigé par le fondateur, au service des dirigeants C-level entre le GCC et l'Europe. Son parcours couvre l'activité Onshore Wind de General Electric, la pharma, et des missions de conseil senior dans le Golfe. 485 M$+ de valeur achats et fournisseurs livrés sur l'ensemble de sa carrière.

Questions fréquentes
L'ARENH à 42 €/MWh correspondait-il au prix complet payé par l'entreprise ?

Non. Dans le portefeuille de référence analysé par la CRE pour 2023, la composante ARENH représentait 19 €/MWh en moyenne, soit 8 % du coût total d'approvisionnement de l'énergie.

Quel est l'impact d'un écart de 8 €/MWh ?

Sur une consommation annuelle de 2 GWh, il représente 16 000 € par an si les offres sont réellement comparables.

Peut-on encore négocier après la fin de l'ARENH ?

Oui : durée, structure fixe ou indexée, flexibilité de volume, garanties, clauses de sortie et prix de fourniture restent des variables de consultation.

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